L’urbanisme met en musique beaucoup de dimensions différentes

Aujourd’hui retraité, j’ai travaillé de nombreuses années à l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) et à la DATAR (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale). Je suis Saint-Loupien depuis plus de 30 ans et j’ai été Conseiller municipal du temps de François Gayet, en charge du développement local. J’ai également été Conseiller municipal d’une commune rurale du Tarn, à une quinzaine de kilomètres d’Albi. Ces expériences soulignent mon intérêt pour les questions économiques et sociales à différents niveaux territoriaux.

Alain LERY, référent de l’atelier sur l’Urbanisme

L’urbanisme concerne l’aménagement et le développement d’une ville : les constructions, la voirie, les espaces verts publics et privés, les liaisons par transports collectifs avec d’autres communes voisines ou plus lointaines, les problèmes de pollution, de circulation individuelle – piétons, cyclistes, voitures –, la création d’espaces de sociabilité où les habitants et les visiteurs peuvent se croiser et se rencontrer.

Saint-Leu n’a pas changé énormément pendant des années, mais on constate aujourd’hui la prolifération d’immeubles collectifs qui, parfois, dénaturent certaines rues et certains quartiers. Leur intégration dans le tissu existant n’a pas été suffisamment réfléchie. Plusieurs projets ont récemment soulevé une opposition vigoureuse et, à plus d’un titre, justifiée des habitants. Avant de lancer certains projets de grande ampleur concoctés avec des promoteurs immobiliers, il serait judicieux d’évaluer d’abord les besoins de la population en matière d’habitat, de transports et de services culturels et sociaux et, à partir de là, de déterminer des priorités tenant largement compte des aspirations de chacun, notamment des plus démunis. Il faut aussi se mettre résolument dans une perspective à long terme, envisager différemment la circulation automobile, et le stationnement qui en résulte, tout en prenant en compte l’accessibilité des piétons et des cyclistes aux différents lieux de vie de la commune. Les aménagements nécessaires devront, cela va de soi, favoriser la circulation entre les différents quartiers de la ville et assurer un accès performant aux pôles de développement régionaux et aux services que ces pôles offrent.

Les espaces verts et naturels publics représentent selon le PLU (Plan local d’urbanisme) 44% de la superficie de la ville. Il s’agit notamment de la partie de la forêt de Montmorency qui s’étend sur la commune. Près des deux tiers des logements sont des pavillons dont les jardins constituent pour la ville un véritable poumon vert qui court cependant le risque d’être fortement réduit du fait de la division des parcelles visant à densifier le territoire par de nouvelles constructions. Ce parc de logements est relativement ancien et énergivore. Il pose également des problèmes  d’entretien, des bâtiments eux-mêmes mais également des arbres et des murs et clôtures de séparation.

Un des objectifs d’une municipalité est parfois d’accroître la population de la commune pour avoir plus de recettes fiscales, soit en attirant de nouveaux habitants, soit en retenant les enfants atteignant l’âge adulte. « Il faut faciliter les parcours résidentiels » en donnant aux jeunes la possibilité de quitter leurs parents et de trouver un logement à Saint-Leu. Cet argument, souvent mis en avant par la municipalité, n’a guère de sens car les jeunes ont des aspirations et des projets à une autre échelle qui les conduisent à s’éloigner de leurs parents et à quitter la ville pour des territoires offrant davantage de possibilités en termes de formation, de loisirs et d’emploi. Il ne faut pas sous-estimer la mobilité des jeunes adultes et leur soif d’émancipation.

L’urbanisme est-il seulement une question d’experts ?

Les documents d’urbanisme en vigueur à Saint-Leu, établis par des architectes, des urbanistes et les services techniques de la mairie, sont plutôt de bonne qualité au niveau des diagnostics et des principes et orientations. Néanmoins, ils pêchent dans la sélection et la programmation des opérations à réaliser. L’urbanisme est là pour mettre en cohérence les besoins des gens en termes d’habitat, de mobilité, d’activité et de cadre de vie. Les plans d’urbanisme ont ainsi un rôle de synthèse et fixent des normes à respecter pour éviter l’anarchie et faciliter le « bien vivre ensemble ».  Ces plans doivent préciser la situation et les projets de la commune par rapport à son environnement territorial, ainsi qu’aux rôles respectifs des secteurs publics et privés.

La mairie évoque des principes ou liste des projets ambitieux mais vagues. Il est important de confronter les principes et les idées qu’on peut formuler sur un coin de table avec les demandes concrètes et les priorités des habitants, qu’ils soient jeunes ou vieux, actifs ou non, locataires ou propriétaires…, qu’ils habitent les Tannières, les Coteaux, les Diablots ou le Centre-ville.

Pour illustrer la démarche proposée, on peut poser un certain nombre de questions visant à connaître les besoins et opinions des Saint-Loupiens :

  • Quelles rues ou portions de rue devraient être en vitesse limitée à trente ou vingt km/h ?
  • Quelles rues, trottoirs et sentes vous paraissent mal entretenus ?
  • Comment compléter le réseau de pistes cyclables de la ville ?
  • Faut-il réserver certaines voies aux piétons pendant les heures de marché, les mercredis et samedis ?
  • Dans quels quartiers, ou zones, faut-il limiter davantage la hauteur des constructions ?
  • Faut-il envisager la construction d’un hôtel-restaurant aux Diablots ?
  • Quels équipements culturels ou sportifs doit-on construire ou aménager pour les jeunes ?
  • Quels sont vos besoins de mobilité non satisfaits (destinations, horaires…) ?

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