Que sait-on aujourd’hui des conditions d’ouverture des classes au 11 mai à Saint-Leu ?

Contrairement à ce que laisse supposer la majorité municipale actuelle, le cadre global a bien été posé pour cette réouverture des écoles. En effet, des protocoles sanitaires précisent les modalités de réouverture des établissements scolaires après la période de confinement. Ils sont destinéS aux collectivités territoriales, aux services déconcentrés de l’Etat, aux directeurs et aux personnels de direction ainsi qu’à l’ensemble des communautés scolaires.

Nous avons pu les consulter grâce aux liens suivants (la majorité n’ayant rien transmis comme informations aux élus à aujourd’hui alors qu’une commission est prévue sur ce point le 5 mai prochain) :

Ces protocoles donnent un cadre dans lequel l’Etat souhaite laisser le maximum de souplesse au terrain en la matière car c’est ainsi que les directeurs d’établissements, les parents d’élève, les collectivités locales trouveront ensemble, avec pragmatisme, les meilleures solutions.

Agenda présenté par le gouvernement à date

  • A compter du 11 mai, réouverture très progressive des maternelles et de l’école élémentaire partout sur le territoire et sur la base du volontariat ;
  • A compter du 18 mai, mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible, il est envisagé d’ouvrir les collèges en commençant par les classes de 6ème et de 5ème ; le sort des autres collégiens, sera tranché fin mai ;
  • Décision fin mai pour la réouverture des lycées en commençant par les lycées professionnels début juin.

Ce que disent les protocoles

En synthèse (vous avez le détail dans les documents officiels – cf. nos liens ci-dessus) :

  • Les classes rouvriront dans des conditions sanitaires strictes ;
  • Pas plus de 15 élèves par classe ;
  • Une vie scolaire organisée autour du respect des règles barrières, de mesures d’hygiène stricte et de la distribution de gels hydroalcooliques.

Pour les masques

  • Tous les enseignants et encadrants des établissements scolaires recevront des masques qu’ils devront porter dans toutes les situations où les règles de distanciation risquent de ne pas être respectées (masques fournis par l’Éducation Nationale pour leurs employés);  ;
  • Le port du masque est prohibé pour les enfants en maternelle; mais l’Éducation nationale mettra des masques pédiatriques à disposition des directeurs d’école pour les cas particuliers ;
  • Pour les élèves en école élémentaire, le port du masque n’est pas obligatoire mais les enfants peuvent en être équipés s’ils le souhaitent et s’ils sont en mesure de le porter dans des conditions satisfaisantes ;
  • Le port du masque pour les collégiens est obligatoire ;
  • Les parents devront fournir des masques à leurs enfants lorsqu’ils seront facilement accessibles ; en attendant, le ministère de l’Education Nationale dotera chaque école, collège ou lycée de masques de même qualité que ceux pour les enseignants.

Pour les repas

  • En cas d’impossibilité de restauration dans les lieux habituels dans le respect des prescriptions précédentes, la restauration pourra se faire en salle de classe sous la surveillance d’un adulte et sous forme de plateaux ou de paniers repas, dans le respect des règles d’hygiène et du respect de la chaîne du froid;
  • En cas de restauration à la cantine ou au réfectoire, concevoir l’organisation des temps de restauration et d’accès de manière à limiter au maximum les files d’attente et les croisements de groupes d’élèves dans les couloirs ;
  • Si l’organisation de l’école prévoit que les élèves apportent leurs repas, les familles devront opter pour des repas froids ne nécessitant pas d’être réchauffés ou réfrigérés.

Que doit/peut faire la mairie ?

Le protocole sanitaire pour les écoles maternelles et élémentaires prévoit également un ensemble de critères permettant de décider au cas par cas de la réouverture ou non des établissements (ils se trouvent aux pages 58 et 59 du document).

A ce jour, les élues DASL ayant été conviées à la commission éducation de mardi 5 mai, n’ont pas été informées par la majorité de l’état d’avancement de la réflexion. Seule la lettre ouverte polémique adressée au préfet nous a été communiquée en même temps que publiée sur les réseaux.

Nous demandons à connaître les informations suivantes, nécessaires à une prise de décision sereine et responsable pour chaque école de notre commune :

  • Qu’en est-il du retour de sondage effectué la semaine dernière, à l’initiative du rectorat, auprès des parents d’élèves ? A-t-on une estimation du nombre d’élèves susceptibles de revenir ?
  • La mairie s’est-elle rapprochée de chaque directeur et directrice d’école afin d’évaluer avec eux la capacité d’accueil des classes, des établissements, sur la base du présent protocole ?
  • Pour chaque établissement scolaire et pour la crèche, la commune dispose-t-elle d’un effectif d’agents suffisant pour assurer nettoyage et accueil dans les conditions spécifiques exigées par ce protocole ?

Il nous semble en effet nécessaire de commencer par confronter la capacité ainsi évaluée avec l’effectif estimé d’élèves grâce au sondage réalisé. Il nous semble d’ailleurs judicieux de communiquer clairement sur les conditions de cette reprise, en se refusant à polémiquer avec l’Etat, dont le maire est le représentant sur le territoire communal. Cela permettrait aux familles de se déterminer le plus sereinement possible, en connaissance de cause. Il est en effet inutile d’ajouter du trouble à la situation.

Il est clair pour nous qu’en cas de décalage entre la capacité d’accueil et la demande estimée, il sera nécessaire de commencer par en appeler aux familles, en demandant aux parents qui le peuvent, de renoncer à renvoyer leurs enfants à l’école. Si malgré tout, la demande restait trop forte, il serait nécessaire de recourir à des critères de priorités pour organiser l’accueil de celles et ceux pour lesquels c’est le plus urgent.

Nous avons pu lire ici ou là que la majorité sortante affirme avoir associé l’opposition aux réflexions délicates auxquelles nous sommes confrontés. C’est faux. La commission qui doit se tenir mardi est la première, et comme à l’habitude de la majorité sortante, elle n’est pas tenue dans des conditions permettant une réelle participation des élues de DASL. On ne nous a communiqué aucun des éléments évoqués ci-dessus, pourtant cruciaux.

Nous nous y rendrons néanmoins afin d’y porter notre réflexion et dans l’espoir de pouvoir débattre de toutes ces questions.

Notons toutefois que cette commission est exceptionnellement ouverte à l’ensemble des élus, ce qui permet à MM. Ohanian et Dubertrand, élus colistiers du candidat LREM, d’y assister bien qu’ils n’y siègent pas habituellement. Il nous semble en effet sain que l’ensemble des candidats aux élections municipales soit entendu et informé dans cette période si particulière. Mme la Maire est aux commandes pour faire face à la crise, et c’est légitime et nécessaire mais nous n’oublions pas qu’elle est également candidate à sa réélection et que le second tour devra se tenir tôt ou tard.

Nous considérons que si la communication gouvernementale a pu semer du trouble et rendre la question de l’ouverture des écoles difficile à évaluer pour les Français, le protocole sanitaire tel qu’il est posé semble mettre au premier plan la question de la santé et ne pas contraindre à ouvrir lorsque c’est trop risqué. La précaution souhaitée par le conseil scientifique était d’attendre septembre, mais il y a d’autres enjeux (https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/avis_conseil_scientifique_20_avril_2020.pdf).

Le gouvernement communique peu sur l’enjeu économique mais il est bien présent, et il faut que les personnes qui doivent retourner physiquement sur leur lieu de travail puissent le faire.

Il met davantage en avant l’argument social, et malheureusement, il nous semble évident que l’absence d’école prolongée creuse les inégalités que par ailleurs nous souhaitons combattre. Pour certains élèves en difficultés scolaires, il y a une forme d’urgence à retourner à l’école. Pour certaines familles en difficultés sociales ou financières, la restauration scolaire est un élément fondamental pour tenir les fins de mois tout en nourrissant convenablement les enfants.

Nous demanderons donc lors de la commission :

  1. La réalisation rapide (si elle n’a pas déjà eu lieu) et la publication d’un diagnostic de la capacité d’accueil de chaque école et de la crèche ;
  2. La réalisation de l’audit de reprise préconisé par le rapport
    1. Rédiger son schéma d’organisation
    2. Rédiger et déployer son plan de communisation sur la base des éléments décrits dans les principes généraux
    3. Définir et présenter les consignes sanitaires applicables aux personnels non enseignants.
    4. Définir un protocole de nettoyage et en assurer la fréquence définie (nettoyage approfondie une fois par jour à minima)
    5. Dimensionner le nombre de produits, matériel et équipements nécessaires à l’application de la doctrine sanitaire : masques, solution hydroalcoolique, savon liquide, essuie main, lingettes désinfectantes, produits de nettoyage et de désinfection, gants, etc.
    6. Assurer le réapprovisionnement de ce matériel en fréquence et quantité adaptée
    7. Définir les modalités pour la gestion de la demi-pension et prendre les dispositions nécessaires avec les différentes parties prenantes, y compris le prestataire si la restauration collective est sous-traitée.
    8. Assurer la disposition matérielle des classes le cas échéant
    9. Neutraliser les accès les installations et matériels qui ne peuvent faire l’objet d’un protocole de désinfection
    10. Définir un plan de circulation et assurer la signalétique correspondante
    11. Prévoir et mettre en œuvre les éléments matériels et de communication pour faire appliquer les règles d’entrée et de sortie des élèves
  3. La décision conjointe avec les directeurs et directrices d’ouvrir ou non sur la base du protocole à mettre en œuvre ;
  4. L’affinage du sondage des familles (accompagné des précisions liées à ce protocole sanitaire) pour estimer le nombre d’élèves attendu ;
  5. En fonction de ces données, si nécessaire, l’appel aux familles en mesure de garder leurs enfants à la maison de le faire ;
  6. Une évaluation fine des capacités de la restauration scolaire à fournir des repas aux élèves de retour à l’école et à ceux qui, restés chez eux mais privés de repas à moindre coût (sur la base du quotient familial) pourraient bénéficier d’un panier repas quotidien. A défaut, et peut-être plus simple, la mairie pourrait distribuer aux familles concernées un chèque alimentaire, financé notamment grâce aux économies actuellement réalisées en raison de la fermeture ;
  7. Nous nous associerions d’ailleurs à une motion adressée au département et à la région pour étendre cette réflexion aux restaurants scolaires des collèges et lycées ;
  8. Le plan d’aide pour l’accompagnement des élèves qui resteraient à distance de l’école, le recensement et la promotion des aides bénévoles proposées en distanciel en direction des familles sur les différents réseaux consacrés à l’entraide.

 

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